« Pas d’islamophobie en France. » Vraiment ?

 

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La Nuit Debout, c’est un formidable lieu de libre expression où l’on se réapproprie l’espace public, et surtout, la politique. Du coup, tout le monde peut dire ce qu’il veut, y compris (parfois) n’importe quoi. Certes, ils sont dans leur droit. Mais, nous, on a aussi le droit de riposter. Parmi ces inepties, ça parle de « burqa qui agresse plus que l’islamophobie » ou de « chauffeurs de bus salafistes du 93 ». La Nuit Debout serait-elle islamophobe ? Sûrement pas, sinon elle n’aurait pas aussi bien accueilli la création de la commission contre l’islamophobie à l’initiative de plusieurs de mes camarades. 

Cependant, si on entend (hélas) encore des propos islamophobes parmi un espace libre de gauche, c’est peut-être parce que ces propos font aujourd’hui partie de la routine médiatique et politique. C’est donc bien ici que naît l’islamophobie.

Et oui. Malgré les moyens technologiques de communication toujours plus puissants, on n’a toujours pas retrouvé l’amie musulmane « plus noire qu’une arabe » de Nadine Morano qui la fournit en bricks à l’oeuf et en couscous, probablement trop occupée à manger des pizzas orientales [halal] plutôt que d’apprécier la pizza régina, avec du cochon bien de chez nous. On n’a toujours pas retrouvé les familles de polygames qui se planquent dans les cités. [Encore raté]. Malgré les craintes de cette pauvre Elisabeth Lévy, il n’y a toujours pas de décret interdisant les cochonnailles lors des pots de départ. Que chacun se rassure, on est loin de la Soumission imaginée par Houellebecq. On n’a pas non plus réussi à identifier les écoliers retardataires pour cause de prière du matin imaginés par notre chère NKM nationale. On imagine que Jean-François Copé sera au taquet durant le prochain mois de Ramadan pour guetter les pains aux chocolat qui échapperaient aux mains des [vilains] petits blancs qui oseraient prendre un goûter durant cette période. Puis que notre cher Sarkozy publiera sur Periscope les futurs égorgements de mouton dans les baignoires, même si « le bruit et l’odeur » risquent d’importuner les sens tellement raffinés de M.Chirac.

On a raté tellement d’événements, qu’aujourd’hui une ministre qui estime qu’une femme voilée est à la fois un « nègre pour l’esclavage » et une militante de « l’islam politique » [sic], n’est pas limogée.

 

 

Un chroniqueur régulier des grands médias peut, dans le plus grand des calmes, valider l’idée qu’on puisse déporter des musulmans, et conserver une bonne partie de ses chroniques. C’est tout de suite, beaucoup moins drôle.

Le problème qui se pose, ce n’est pas seulement que tous ces propos soient impunis, mais qu’ils se répètent parmi les représentants politiques et médiatiques, et qu’ils se fondent dans le décor des médias français.

« Quand y en a un ça va, c’est quand y en a beaucoup que ça fait des problèmes »

Marrant comme cette phrase [magique] peut être utilisée (et vérifiée) dans n’importe quel contexte [ou pas]. Parce que ouais, le fait que chaque élite aille de sa petite phrase islamophobe, « ça fait des problèmes ». Et parmi ces problèmes, on retrouve celui des gens qui deviennent islamophobes alors qu’ils ne l’étaient pas auparavant.

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