Pour ce 1er mai (et les autres), les « casseurs » vous emmerdent

Depuis l’état d’urgence sous Hollande, et sa généralisation sous Macron, on risque sa peau à chaque manif. Non seulement, les méthodes de contrôle de l’expression populaire sont de plus en plus provocatrices (présence intrusive et menaçante des CRS sur-armés et sur-équipés, nasses automatiques des manifestants, utilisation intempestive de flashball, gaz lacrymogène et canon à eau), mais en plus les forces de polices et gendarmerie toujours plus nombreuses n’hésitent plus à aller au contact et à user de manière abusive de la force (non-respect de l’usage de leurs armes même pendant les manifestations autorisées).

La répression est donc quasi-automatique, quel que soit le profil du manifestant, encarté ou non, syndicaliste ou non, autonome ou non.

Ce qui n’empêche pas de nombreux médias mainstream d’accuser UNIQUEMENT les militants autonomes, sans rappeler le contexte d’état d’urgence généralisé et les moyens colossaux déployés chez les forces de l’ordre.

Après, que les médias mainstream ne remettent pas en question l’ordre établi, on le savait déjà.

Ce qui est plus dérangeant, c’est que des militants du cortège, avalent cette soupe, sous prétexte que EUX savent militer. Que EUX ne sont pas violents. Que EUX respectent les règles en demandant toujours la permission pour manifester. Sans jamais bousculer l’ordre établi, alors qu’ils prétendent être contre ce système.

Si seulement ce n’était que ça.

En plus de ne rien changer au rapport de forces politiques, et de ne pas tirer de leçons des nombreux échecs politiques qui ont été les nôtres ces dernières années, ils ne remettent RIEN en question, quant à leurs pratiques politiques, quand ils ne sont carrément pas en train de devenir les nouveaux bourreaux du mouvement social.

Ce n’est pas pour rien que le cortège autonome grossit au fur et à mesure des manifs. Ce n’est pas pour rien que les précaires ne font plus grève. Ce n’est pas pour rien qu’on ne retrouve pas d’indigènes dans les cortèges de la gauche radicale. Ce n’est pas pour rien qu’on retrouve uniquement des tout-sauf-blancs dans les Franprix, les Carrefour City, les épiceries, boulangeries et autres supérettes, Uber en banlieue en train de travailler un 1er mai pendant que les travailleurs blancs manifestent en famille au centre de Paris.

C’est parce qu’en plus de la répression par l’Etat du mouvement social, les travailleurs ne se retrouvent plus parmi les institutions qu’ils ont eux-mêmes créées et qui leur sont pourtant destinées. On se souvient du SO de la CGT qui aide la police à tabasser les camarades, les frères, et même les sœurs de lutte. On se souvient de la CGT qui n’a jamais bougé le petit doigt pour soutenir nos pères, les chibanis.

Que ce soit clair, tant qu’il n’y aura pas de remise en question de la part du mouvement social, et une volonté affirmée de bousculer l’ordre établi, le mouvement social échouera.

En attendant, les militants autonomes, les précaires et tous les laissés-pour-compte du mouvement social, n’ont pas à recevoir d’injonctions quelconques.

Ni de l’Etat. Ni du mouvement social lui-même.

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