Pourquoi parler de « convergence des luttes » quand on parle racisme, c’est indécent

A chaque mouvement social, on demande aux habitants de quartiers populaires et personnes issues de l’immigration de rejoindre le mouvement, sans jamais se poser la question de leur propre agenda politique, au mieux par simple désintérêt, au pire par racisme.

Sauf que les personnes subissant le racisme n’ont jamais attendu les grands mouvements nationaux pour se mobiliser sur les questions qui les concernent particulièrement, et sont aussi les mieux placées pour savoir que les questions économiques touchant la majorité du pays, les impacteront de plein fouet ; en effet, si l’ascension de classe ne permet pas d’effacer la question raciale, la problématique du racisme amplifie les situations de déclassement chez les personnes concernées. On est donc les mieux placé.e.s pour savoir à quel point la « convergence des luttes » est une nécessité, voire une question de survie.

Nous n’avons donc pas besoin qu’on nous l’explique, surtout, si c’est pour grossir les rangs d’un mouvement social qui ne consulte pas notre agenda politique, et qui, parfois ne le considère même pas.

Inutile donc de nous tartiner des lignes entières pour nous expliquer la vie, surtout si vous ne subissez pas l’expérience du racisme structurel quotidiennement.

Parler de convergence des luttes, quand des personnes parlent de leur expérience du racisme et refusent de relayer cette question au second plan, c’est donc vouloir rendre la lutte antiraciste optionnelle, voire invisible. Que certaines personnes subissant le racisme acceptent de céder une partie de leur lutte par solidarité et aussi parce qu’elles espèrent se faire entendre n’est pas le problème. Mais que d’autres se permettent d’opposer ces militants sincères à ceux qui préfèrent des stratégies des luttes plus autonomes est inadmissible. Nous n’avons pas à cautionner la mise en concurrence des militants de l’immigration et des quartiers populaires, sous prétexte d’unité.

Enfin, l’unité passe impérativement par le respect des différentes stratégies de lutte choisies par les personnes qui subissent une oppression, et non par des injonctions à une solidarité non réciproque, sous prétexte qu’il ne faudrait pas diviser un mouvement.

 

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